Compagnie Asphalte


Aide-toi le ciel - 2016

Un spectacle à découvrir d’urgence Dans le rythme frénétique d’une grande ville déshumanisée, deux familles se retrouvent contraintes de partager le même appartement. (…) Dans une mise en scène originale où se côtoient différents îlots représentant les couloirs des transports en commun, le salon et la salle de bain, le public suit chaque personnage dans son épopée quotidienne (…) Ce tourbillon de vie dans lequel malgré tout on s’aime, on se quitte, on rêve et on se cherche est entrecoupé de chansons, de musique et de mouvements de danse qui sont l’expression de l’intériorité de chacun des personnages.
Une thérapie urbaine collective. Cette pièce d’Aline César qui oscille entre drame et humour absurde apporte un éclairage particulier sur toutes les petites phrases assassines qui font partie du langage commun « Quand on veut on peut », « Aide-toi le ciel t’aidera » etc. (…) Les spectateurs usagers des transport en commun pourront également exorciser leurs frustrations quotidiennes en se régalant des parcours des différents personnages dans les itinéraires (…) Un spectacle à découvrir d’urgence. 
Esprit Paillettes.com / Perrine Carpentier / 18 janvier 2016

Une postmodernité à l’arrière-goût 1984 Sur un tableau noir est dessiné à la craie le plan d’une ville dont les jeunes Lucie et Jonathan nous livrent symboliquement la clé, nous en expliquant la sectorisation et les itinéraires obligatoires, puis en nous racontant la légende du mystérieux transbordeur disparu, aux pouvoirs étranges, qui à une époque assurait la traversée du canal. Le paysage tracé est donc urbain contemporain, en apparence ordinaire, mais en réalité cette cité phagocytaire dépeint une postmodernité à l’arrière-goût 1984. (…) Les six personnages se débattent, malgré eux, tels des pantins s’agitant au gré des trajectoires automatisées prédéfinies par le système, impitoyable. Leur quotidien est une absurde et impossible course à la gestion du temps, imposée par la réglementation stricte, déshumanisée à l’extrême. Les tensions montent, à l’extérieur, comme au sein du foyer, les adultes sont sur le point de baisser les bras, les jeunes ne croient plus vraiment à l’avenir. Face à cette désespérance, l’unique issue semble être l’effrayant transbordeur, à qui chacun va finir par faire appel. Mais est-ce vraiment la bonne solution ?...
La pièce est certes dérangeante, mais dans le bon sens du terme, car elle nous fait prendre conscience du danger de la régulation généralisée, de l’instrumentalisation, de la manipulation du fonctionnement automatisant de ces métropoles de plus en plus prédatrices de libertés. (…)
Les comédiens sont convaincants, attachants, troublants même... Ils sont à fond, entiers, ils vont jusqu’au bout de leur enthousiasme, comme de leurs souffrances. Ils évoluent avec précision, force et dextérité. Ils chantent, ils dansent aussi, ils se dédoublent et redoublent d’énergie dans l’espace scénique créé par des jeux de lumières. Il y a de beaux plans cinéma. Le message passe. Définitivement, il faut comprendre et résister, aidons-nous, aidez-vous, aidons-les, allez les voir !
Regarts.org / Luana Kim / 17 janvier 2016

Un autre monde « C'est un monde où pourraient se confronter, Georges ORWELL, KAFKA ou Alfred JARRY. Un autre monde, où les personnages ne peuvent plus supporter leurs positions sociales, et les tensions familiales. »
Sorties à Paris / Fabienne Schouler / 17 janvier 2016

Six comédiens très expressifs et toniques Cette pièce jouée sur la scène du dynamique « théâtre de Belleville » par 6 comédiens très expressifs et toniques, nous entraîne dans l’histoire d’une famille recomposée qui loge chez la première épouse du père pour cause économique, avec en fond, une ville géante et codifiée, non matérialisée. (…) Derrière des chants, des danses, des chorégraphies, existe bien une vision politique incitant le spectateur à réfléchir et à ne pas répéter des phrases lapidaires, définitives et culpabilisantes. Cet éclairage par le théâtre est intéressant et pose la vraie question : la vie de chaque être est-elle tracée d’avance ou bien est-il possible de savoir profiter du hasard ?
Sortiz.com / Christian Le Besnerais  / 15 janvier 2016

Un coup de pouce au destin La compagnie Asphalte donne un coup de pouce au destin : Aide-toi le ciel…( …) Suffira-t-il d’un nouveau cœur, d’un nouveau cerveau, d’autres yeux pour enfin surmonter la nécessité et prendre son destin en main ? On peut quand on veut, dit l’adage paternaliste et libéral.
La Terrasse / Catherine Robert / janvier 2016 - N° 239

Une création originale et pertinente La proposition de Aline César est aussi ambitieuse que hardie, d'une part, en la forme, celle du conte dystopique dans lequel, paradoxalement, elle injecte une composante fantastique et des chansons.(…) Aide-toi le ciel se situe dans un futur qui peut être considéré comme relativement proche, et une société de surveillance et de contrôle foucaldienne dans laquelle les individus se débattent non seulement dans des situations contraignantes et stressantes, voire inextricables, mais subissent une violence psychologique infligée par des tiers mais également auto-infligée dès lors qu'ils se considèrent comme responsable de leur échec. (…)
La scénographie simple mais astucieuse de Catherine Teilhet rend crédible la situation, ce qui est méritoire car grande est la difficulté, et la mise en scène d’Aline César (…) mise fort judicieusement sur la gestuelle et la dramaturgie du corps pour trouver le juste équilibre entre vraisemblance et étrangeté. Investis, tous les comédiens sont justes au jeu et au chant.
Une création originale et pertinente à inscrire à l'actif de la Compagnie Asphalte qui avait déjà séduit dans un registre totalement différent avec Trouble dans la représentation.
Froggy’s delight/ Martine Piazzon / 24 janvier 2016

Interview d’Aline César Par Radio Libertaire « Tempête sur les planches » / Thomas Hahn / 10 janvier 2016


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Dérive - solo

La beauté symphonique d’une artiste envoûtante Une expérience intime et privilégiée : la poésie d’Aline César chantée et chuchotée dans un appartement.
On vient réserver sa place au théâtre du Girasole, et c’est ainsi que la « dérive » commence. On s’y rend, non loin mais hors du théâtre dans un bel appartement, pour assister à la performance d’Aline César, qui nous accueille chaleureusement avec de délicieux vins régionaux. Quand tout le monde est arrivé, on passe dans la pièce à côté pour cette fois-ci vivre la « dérive », c’est-à-dire écouter une joute poétique qui décroche au temps un morceau d’éternité…
Se rendre à la « dérive » est une expérience unique de par la proximité que le spectateur entretient avec l’interprète tout au long de sa représentation. On lui propose de rentrer doublement dans son intimité, non seulement car il est invité dans son espace de vie (c’est-à-dire son appartement), mais également car il se voit plonger dans son écriture poétique qui lui est très personnelle et singulière. Comme les plus beaux poèmes de la littérature, le sens nous échappe par moment, on le perçoit par bribes, mais la beauté nous transporte toujours, et la musicalité ne quitte pas une seconde les lèvres de l’artiste qui a le plaisir de goûter ses mots. Certains poèmes sont parlés, d’autre brillamment chantés, mais toujours vécus avec émotion. Se rendre à la « dérive » c’est aussi se laisser surprendre par l’émergence de « guests », soigneusement invités par l’interprète pour venir colorer son style d’une autre rencontre artistique. La liste de ces invités est longue, et changeante tout au long du festival. Se rendre à la dérive est en somme prendre le temps de côtoyer la poésie, d’écouter le bruit du monde, la beauté symphonique d’une artiste envoûtante.
AVI Local City News / Jean Hostache / 14 juillet 2015.

 

Des invités plus que des spectateurs « Festival Off d’Avignon : du théâtre un peu partout - Des invités plus que des spectateurs attendus dans le salon d’Aline, et une libre participation aux frais, c’est le théâtre buissonnier d’Avignon. »

 


TF1 Journal télévisé de 20 heures / Marion Gautier / 22 juillet 2015.

 


Un texte de voyage et de rencontre Il est rare d'entendre de la poésie sur scène. Il est encore plus surprenant d'en écouter dans un appartement, en petit comité, verre de vin à la main. Aline César nous propose un texte de voyage et de rencontre, des mots poétiques qui parlent d'une corniche, on ne sait trop où. A vous de l'imaginer. Chaque soir, un artiste-ami est invité, et à deux, la puissance du verbe n'en est que plus forte. Il y a beaucoup de texte dans cette pièce, mais à ceux qui veulent un peu de répit, l'actrice chante aussi, accompagnée de sa boîte à rythme. Et c'est peut-être ses plus beaux moments. Assis à deux mètres d'elle, dans son salon, c'est une expérience théâtrale en soi pour les spectateurs qui devront, pour l'apprécier, être des amoureux du verbe et des découvertes.
La Provence.fr / Festival d'Avignon-Avignon Off : les critiques - Dérive (****)/ Margaux Wartelle / 24 juillet 2015

 

Avec ses mots, Aline nous embarque Aline César joue « à domicile ». Au Girasole, du théâtre en appartement
Passez la porte, vous êtes chez Aline. Prenez un verre, vous êtes entre amis. L’actrice-autrice accueille dans sa cuisine, dans son salon. Et chaque jour, un nouveau compagnon de création l’accompagne : musicien(ne) ou comédien(ne).
Ce soir-là, nous sommes arrivés en avance chez Aline. A sept minutes à pied du Girasole, nous avons suivi les indications du plan, fourni avec notre ticket. Au 1, rue ***, la porte est déjà entrouverte. Une voix nous invite à monter. A l’étage, c’est le choix du roi : « rouge, blanc, rosé ou eau citronnée ? » Cinq personnes discutent, verre à pied dans les mains. On passe au salon, tout en douceur. Une douceur que l’on retrouve dans la voix d’Aline, qui nous raconte une histoire. Des mots qu’elle a écrits pour évoquer la ville, la rêverie, l’amour aussi. S’il y a bien une trame narrative, au fil d’un voyage le long d’une corniche, le texte permet de s’échapper. Aline chante aussi. De sa boîte à rythme sortent des sons électroniques. Et de sa voix claire, Aline prend des airs de Serge Gainsbourg ou d’Alex Beaupain, selon votre sensibilité. Ici, on est hors des conventions du Festival. Un temps de répit, de calme. Ici, le prix est libre.
Aline César a déjà monté sept spectacles avec sa compagnie Asphalte. Avec « Dérive », elle compte bien continuer à tourner. Mais loin des salles, toujours en appartement. Créer une autre forme d’intimité, un autre rapport à la scène et au texte. Le but est atteint. «  Je dérive, je parcours en rêve les dévers / Je prends à revers les rives et les amers ». Avec ses mots, Aline nous embarque. Et on est consentants.
La Provence / Margaux Wartelle / 24 juillet 2015

 

Comme un road-movie A l’image du bon vin qu’on nous propose en arrivant dans ce petit salon du *** place des Carmes, la poésie d’Aline César nous enivre.
Elle a en elle le don de l’accueil, le savoir-faire de l’intimité. Dérive, joute poétique en appartement, vient nous bercer. C’est comme prendre le temps d’une pause, où les minutes sont en suspens, lors d’une journée chargée au sein des remparts. Son écriture fonctionne comme un road-movie, faisant traverser à celui qui tend l’oreille de bien beaux paysages aux couleurs chatoyantes.
Il s’agit aussi de musique, de chant qu’elle vient interpréter, mais aussi d’une série de « guest », que la poétesse invite au cours de sa représentation à venir exprimer leurs divers talents. On sent chez elle le plaisir des mots et de la langue qu’elle vient tordre pour donner un sens nouveau, cette brèche délicate où la métaphore sublime le réel. C’est aussi une passion de conteuse, une générosité à nous réunir pour raconter un récit.
Dérive est un temps à attraper au vol, une expérience universelle à apprécier et à partager tout au long du festival.
Un fauteuil pour l’orchestre
/ 14 juillet 2016

 

Place des Carmes, les mots dits en appartement. Dérive est davantage une performance qu’un spectacle. L’ambiance est détendue, intime, et pour cause : nous ne sommes pas au théâtre, pas dans la rue, mais dans un appartement sobrement décoré, un verre de vin ou d’eau citronnée à la main. Des guirlandes lumineuses jonchent le sol et donnent au décor une atmosphère encore plus douillette. Toutes les conditions sont réunies pour passer un moment agréable, calme, pour faire un voyage.
A l’intérieur de ce cocon, Aline César offre sa poésie avec force et simplicité. Elle entraîne son auditoire sur des routes sinueuses, semées de doutes, d’obstacles et d’amour et de désir.
Un véritable lien se crée entre elles et ceux qu’elle préfère appeler ses « invités » : des regards s’échangent tout au long de la performance, et Aline César réussit parfaitement à créer un moment unique.
Ce lien permet aisément d’imaginer les routes, les décors de la ville dont elle parle « Cela faisait longtemps que j’avais envie de créer quelque chose sur la dérive urbaine… ». (…)
Lors de cette performance d’une heure dont les textes sont tantôt récités, tantôt chantés, Aline César reçoit un-e invité-e surprise, qui offre aux convives son propre moment de dérive, dans lequel les invités se laissent porter avec plaisir.
La Provence
/ Supplément Sortir / 20 juillet 2016


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Oroonoko, Le prince esclave

Alchimie sur les planches du Grand Parquet Les acteurs apparaissent et trouvent leur place dans le décor épuré. Aphra Behn s’adresse au public et fait exploser la distance entre elle et son spectateur. Son rôle de témoin et d’acteur se construit sur des fragments d’épisodes autobiographiques. En effet, la pièce s’inspire de l’œuvre d’Aphra Behn Oroonoko datant de 1688 pour expirer un souffle inédit de réinterprétation vivante. (…) La compagnie Asphalte digère l’œuvre d’Aphra Behn pour accoucher d’une pièce enivrante. La mise en scène moderne enchante par son formidable pouvoir d’évocation. Elle incarne cette douloureuse oxymore du prince esclave dont la perte d’identité se reflète dans le décor, les costumes et le jeu. César-Oroonoko voit sa dignité d’homme balbutier dans sa révolte polyphonique. (…) La force de la représentation réside dans le talent des acteurs. Les costumes sont sobres mais délicats, en parfait accord avec l’intention de la mise en scène. Les voix et les corps s’enlacent et fusionnent, le chant se transforme en prolongement naturel de la parole. Oroonoko est l’occasion d’une complicité entre le mouvement et la phrase. Les textes sont splendides et séduisent l’esprit envoûté du spectateur. L’émotion du spectateur voyage grâce aux affinités exotiques entre les flûtes de pan, le tam-tam, les guitares électriques et les cris des dissidents. Oroonoko est la rencontre entre acteurs et spectateurs. La pièce aborde la question de la relativité du concept de la barbarie et souligne l’ensauvagement de l’européen. Toutelaculture.com / Hélène Gully / 24 novembre 2013
On sort ébranlé Quatre acteurs, tous excellents, entrelacent les époques, les personnages et les lieux, la voix de la narratrice et celle d'Oroonoko, entre épisodes dialogués et chorégraphies, de l'Afrique au Surinam, dans la colonie anglaise, à la cour du grand-père fourbe, au cœur de la forêt indienne. Le flux est sans rupture et rythmé dans la diversité des musiques jouées sur instruments africains. 
On sort ébranlé de ce procès d'une liberté d'esprit étonnamment moderne qui évite les pièges des bons sentiments. 
Cendres corps et sang jetés aux quatre coins du monde… Spectacles-selection.com / Lettre n°360 / Annick Drogou / 18 novembre 2013
Un spectacle d’une très grande beauté Ce texte est rare, unique peut-être : L'histoire vécue d'une aristocrate anglaise qui prend fait et cause pour cet homme de sang royal, passant outre tous les discours racistes qui fleurissaient à l'époque, jusqu'à prendre des risques pour lui. Une histoire riche, faite d'aventures, de combats, de trahisons, d'amours, d'injustices, de révoltes et une succession infinie de coups du sort. Aline César s'est inspirée du roman d'Aphra Behn pour monter un spectacle d'une très grande beauté, avec une musique live (jouée par Dramane Dembele, multi instrumentiste de talent), des projections vidéo qui plongent la scène dans des climats mouvants comme les sables de la mémoire, des chorégraphies douces et un montage de scènes vif et imagé. Regarts.org / Bruno Fougniès / 12 novembre 2013
Le spectacle est enlevé, esthétique au possible Ce spectacle tombe à point nommé en une période où l'on s'interroge sur les velléités de retour de cette " bête immonde " jamais tout à fait morte et qu'il conviendrait pourtant d'éradiquer alors que nous constatons que chaque époque invente de nouvelles formes d'esclavage… Je m'empresse d'ajouter qu'en dépit de la gravité du thème, le spectacle est enlevé, esthétique au possible et par conséquent agréable à voir et entendre. Qu'on se le dise !... Theatrauteurs.com / Simone Alexandre / 15 novembre 2013
Cette parole que je trouve nécessaire C’est un très très beau travail, fait avec certainement moins de moyens que le Cosmos de Joris Mathieu dont on vient de parler. Moi je trouve que c’est une belle entreprise dans tous les sens du terme, que ce soit de faire connaître cette femme, Aphra Behn, qui a vécu fin du 17ème dans les années 1680 et un peu avant, de revenir sur l’esclavage à travers le destin de ce prince qui a été trahi par deux fois (…). Sur le plateau quatre comédiens et un musicien pour délivrer cette parole que je trouve nécessaire, cette parole d’Afrique en Amérique. Nous voyageons avec eux, et c’est l’auteure qui nous conduit puisqu’elle est un des personnages, elle est le narrateur et joue également d’autres personnages. C’est assez onirique en même temps, il y a des décors très intéressants de draps noués, il y a quelques masques, et puis la musique africaine mais pas trop, c’est assez subtil. Et puis c’est bien d’avoir un plateau mixte, dans tous les sens du terme, de temps en temps. Radio Aligre / « Les sincères » / Viviane Matignon / 18 novembre 2013 Ecouter : https://soundcloud.com/les-sinceres-theatre/les-sinc-res-aligre-fm-du-18 Retour

Un spectacle très fluide et très finement adapté « J’ai un autre coup de cœur : c’est Oroonoko le prince esclave, de et mis en scène par Aline César d’après le roman d’Aphra Behn. (…) C’est un texte qui dénonce avec beaucoup de violence la barbarie de l’esclavage, ça se passe des côtes africaines au Surinam, à la fin du 17ème siècle. Les acteurs sont tantôt narrateurs, tantôt incarnés, il y a un musicien sur scène qui joue sur des instruments africains, il a notamment un morceau de flûte où il chante en même temps qui est absolument magnifique. C’est un spectacle très fluide et très finement adapté que je recommande.» France Culture / « La Dispute » Coup de cœur / 25 novembre 2013 Ecouter : http://www.franceculture.fr/emission-la-dispute-la-bonne-ame-du-se-tchouan-todo-el-cielo-sobre-la-tierra-2013-11-25

On est dans la tragédie, on est chez Shakespeare « Quelle histoire extraordinaire que celle de ce prince africain venu des côtes d’Or (…)Très belle idée donc que d’adapter le roman pour le théâtre. (…) L’histoire est extraordinaire. Si on a assisté à ça, ça ne m’étonne pas qu’on ne l’oublie pas, qu’on ait besoin de raconter. Oroonoko est fait de cette étoffe, on est dans la tragédie, on est chez Shakespeare. (…) On le voit vibrer, ça bouge en lui, ça le brûle et c’est extrêmement théâtral. (…) On est par la musique, très belle, par le chœur, dans la tragédie, parce que c’est une tragédie, ça se termine mal. (…) C’est une grande histoire, un grand personnage, un grand théâtre. » Radio libertaire / « Tempête sur les planches » / Thomas Hahn / 24 novembre 2013 Ecouter : http://media.radio-libertaire.org/backup/47/dimanche/dimanche_1400/dimanche_1400.mp3

Trouble dans la représentation

Ces fictions 1 à 8 ne sont que l'infinie réalité Après avoir gagné le « Paradis » (la toute petite salle en haut du théâtre du Lucernaire), on pénètre dans un « laboratoire contemporain » dont tout le fond de scène est occupé par un grand écran. Devant nous, quelques colonnes lumineuses, un bureau, un téléphone, un magnétophone, des éprouvettes, un poste de télévision. Des feuillets numérotés de 1 à 8 jonchent le sol.
Elle et Lui, interprétés par Catherine Rétoré et Malik Faraoun, sont catapultés dans le laboratoire après avoir été littéralement « extraits » du vieux film muet dans lequel on vient de les voir jouer une scène d'amour romantique.  A présent, ils deviennent les cobayes de quatre laborantines qui les utilisent pour interpréter des moments canoniques de la relation homme/femme, les fameuses fictions 1 à 8.  Ces moments sont fondés sur la citation, la lecture, l'interprétation de scènes. Citons par exemple Elizabeth Badinter, un passage de Bridget Jones, la scène culte du Mépris de Jean Luc Godard. L'alternance entre le jeu des acteurs sur scène et les images des laborantines projetées, permet de pointer efficacement du doigt les inégalités de genre pour servir un spectacle revendicatif.
Si le désir d'originalité de la mise en scène est à saluer, l'omniprésence à l'écran des laborantines confère aux deux acteurs un rôle finalement plus secondaire dans la réflexion conduite par le texte. Cette mise en abyme concernant les acteurs aurait peut-être mérité une meilleure exploitation : on les sent un peu déroutés lorsqu'ils deviennent spectateurs de cet écran envahissant. La confusion peut aussi s'emparer parfois des spectateurs quand se mélangent texte projeté, discours de laborantine et voix d'acteur. Malgré ces quelques défauts, soulignons la pertinence du choix des textes, au service d'une problématique cruciale : l'inégalité statutaire que la société entretient autour des rôles professionnels, sociaux, personnels et intimes de l'homme et de la femme. Ce trouble dans la représentation dit au fond magnifiquement la représentation du trouble qui s'empare de nos sociétés face au statut de la femme. Ces fictions 1 à 8 ne sont que l'infinie réalité.
Regarts.org / Ivanne Galant / 26 janvier 2014

La performance du genre Sylvia Duverger. Ce sont les normes de genre, les stéréotypes de genre que votre pièce entend troubler, en tant qu'ils sont dramatiques (dans tous les sens du terme) ?
Aline César. Ce laboratoire est aussi une espèce de « théâtre anatomique » : un lieu conçu pour disséquer et pour montrer. Ce qui est donné à voir ici c’est un peu la fabrication du genre, les normes et stéréotypes de genre comme vous le dites, mais surtout la réalité tangible des inégalités femmes-hommes.
S.D. Ce sont, me semble-t-il, les représentations de ce que sont ou devraient être les femmes – ce que vous appelez la fiction de la beauté, de la maternité, etc., autrement dit les stéréotypes genrés – qui sont convoquées et examinées...
A.C. Oui, en effet, mais c’est une vision trouble, ou troublée. Tout le contraire d’une mise à plat : un peu comme lorsqu’on regarde un film en 3D sans les lunettes spéciales, il y a un effet de flou et de superposition de plans qui gêne et en même temps produit une représentation nouvelle. C’est ce que j’ai cherché à faire dans le dialogue permanent entre l’actrice et l’acteur sur le plateau et les laborantines en blouse blanche qui apparaissent dans l’écran : elles questionnent et tiennent des propos tantôt farfelus, tantôt franchement rétrogrades, ou au contraire radicaux. Tout se joue pour moi dans le frottement entre le plateau et la vidéo, avec au premier plan des personnages de fiction en chair et en os et au second plan une parole de « spécialiste » mise à distance par la vidéo. Je réalise aussi, à regret, combien le spectacle a pris une dimension plus subversive qu’au moment où je l’ai écrit, il y a deux ans. Je pense, par exemple, au passage sur la « fiction » de la maternité, pour lequel je me suis appuyée sur des textes de Virginie Despentes et sur un rejeu [1] d’une interview d’Elisabeth Badinter : je réalise en réentendant ces textes à quel point ils provoquent dans le contexte des polémiques actuelles sur l’avortement, la famille, les VigiGender. Ça c’est dramatique en effet.
Nouvel Obs / Blog Féministes en tous genres / Sylvia Duverger / 25 février 2014 Lire l’intégralité de l’entretien

Les hommes, les femmes, la déco d'intérieure et la trépanation du mammouth… A travers un laboratoire du genre, une pièce de théâtre interroge nos représentations des éternels féminins et masculins. Un spectacle qui devrait être remboursé par la sécurité sociale. Lui, un brin dominateur, se fait pressant. Elle, regard de biche éperdue, tente de se soustraire à son étreinte... Deux acteurs, un homme, une femme sont interrompus lors de leur cour amoureuse, « extraits » d’un film muet des années 20 et propulsés dans un laboratoire contemporain. Ils découvrent qu’ils ont été kidnappés par des chercheuses un brin déjantées et doivent se soumettre à une série d’expériences sur le masculin et le féminin.
C’est le point de départ de Trouble dans la représentation, une pièce de l’auteure et metteuse en scène Aline César qui balaye très utilement bien des clichés. Sa pièce, pleine de fantaisie, devrait être remboursée par la sécurité sociale et sera vue avec profit par les deux sexes. Elle apporte un contrepoint éclairant à ces pièces et livres au succès indécent qui surjouent et confortent les stéréotypes masculins, tout en les prétendant « scien-ti-fi-que-ment documentés ». (…) Pour réintégrer leur pellicule originelle, les deux acteurs doivent lire plusieurs textes. Elisabeth Badinter, Judith Butler, Hélène Cixous ou la féroce Théroigne de Méricourt. Mais aussi Rousseau et son déterminisme biologique, Marivaux et ses querelles domestiques, Moravia ou Godard et leur vision de la beauté. Tandis que les chercheuses commentent leurs performances de rats de laboratoire, l’homme et la femme dissèquent et mettent en évidence la fabrique du genre, des stéréotypes et des inégalités. Ce système a un coût social énorme, pour les filles mais aussi pour les garçons d’aujourd’hui (…). Pourtant, comme le dit l’acteur à un moment, empruntant ses mots à Virginie Despentes: « Il y a des hommes plutôt faits pour la cueillette, la décoration d’intérieur et les enfants au parc, et des femmes bâties pour trépaner le mammouth, faire du bruit et des embuscades ».
Sciences et Avenir blog de la rédaction / Rachel Mulot / 29 octobre 2012

Une amusante partition de "démontage des fictions" Avec Trouble dans la représentation, Aline César aborde la question de la représentation du féminin de manière miroir par rapport à celle du masculin dans des domaines considérés comme ceux dédiés de la femme tels la beauté et la maternité. (…)
A partir d'une sélection de textes de toute époque et différente nature, de Helen Fielding à Elisabeth Badinter en passant par Virginie Despentes, du déterminisme biologique de Rousseau au portrait de femme d'Alberto Moravia immortalisé par la scène culte du film de Jean-Luc Godard, elle a composé une amusante partition de "démontage des fictions" dans laquelle deux acteurs de films muets, kidnappés par d'extravagantes conférencières-chercheuses allumées, sont chargés d'éprouver la crédibilité des clichés et des représentations .
Dans un dispositif scénique qui évoque davantage un studio d'enregistrement qu'un laboratoire, les deux protagonistes sont confrontés aux directives d'une équipe essentiellement féminine de pseudo-scientifiques interprétées de manière décalée par Gaëlle Hausermann, Yaël Elhadad, Lara Marcou, Blandine Pelissier et Niryis Pouscoulous qui interviennent uniquement par projection d'images vidéo. Sur scène, le spectacle (…) bénéficie de la participation des deux excellents comédiens que sont Catherine Rétoré et Malik Faraoun.
Froggydelight.com Martine Piazzon / 28 octobre 2012

Un spectacle dérangeant et leste Trouble dans la représentation. Titre plus qu’intriguant : vous avez l’impression que vos yeux et vos neurones vont partir en vrille. Et c’est bien ce qui risque de se passer avec cette succession de textes décapants qui décrivent les rapports homme-femme, dénonçant la façon dont on traite encore de nos jours ceux-ci face à celles-là. (…) Catherine Rétoré et Malik Faraoun sont les interprètes de ce spectacle dérangeant et leste.
De jardin à cour blog / Marie Ordinis / Blog 25 octobre 2012
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La fin des voyages

Jusqu’à bout du monde Une lecture jusqu’à bout du monde. Pour aller jusqu’au bout d’un monde, le Petit Louvre accueille La fin des voyages, une lecture mise en espace et en musique. (…) Cette rencontre invite à un voyage aux confins de deux mondes géographiques, mais aussi entre réalité et monde onirique. (…) On risque fort de se sentir pousser des ailes.
Le Dauphiné libéré / juillet 2010
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Aide-toi le ciel

Un programme stimulant et vivifiant Une pièce d’Aline César qui remet en question la croyance en un destin social et les discours dominants qui le définissent comme tous nos conditionnements... Inscrite dans un projet artistique centrée sur la problématique « inégalités hommes-femmes et inégalités sociales », cette création de la compagnie Asphalte, dont Aline César signe le texte et la mise en scène, prend le contre-pied des petites phrases habituelles, lapidaires et définitives sur le destin social comme « on n’a que ce qu’on mérite », « si tu veux tu peux », « aide-toi le ciel t’aidera », etc. Elaborée en partie à partir d’un atelier de recherche avec les six comédiens et d’une collecte de paroles d’habitants à Arcueil et à l’Ile-Saint-Denis, la pièce urbaine et familiale inclut un personnage extraordinaire permettant aux individus en détresse d’échanger un organe identifié comme la cause de leurs maux : cœur, yeux, cerveau... Un échange qui questionne la perception du monde et de soi et qui devrait ici permettre de décrypter avec finesse comment des croyances sociales profondément ancrées font passer les inégalités sociales pour un destin. Question complexe, à la fois politique et éthique, explorée par de multiples sociologues, à commencer par Bourdieu, que le théâtre peut éclairer avec pertinence tant les situations métaphoriques peuvent en dire long sur le réel. « Le ciel a bon dos » ... et déjouer les justifications faciles des inégalités est un programme stimulant et vivifiant. A découvrir !
La Terrasse / Agnès Santi / novembre 2009 - n°172

Contredisant l’adage, s’en fout le ciel Dans Aide-toi le ciel, Aline César met en scène le thème des inégalités sociales. Après une résidence en Seine-Saint-Denis, la compagnie Asphalte œuvre désormais sur le terrain du Val-de-Marne où elle a rencontré des publics à la marge. Leurs paroles ont inspiré le texte Aide-toi le ciel...
On connait la suite de l’adage chrétien, ici amputé net pour désigner la violente culpabilisation qu’il assigne aux plus démunis, lesquels souvent « voudraient » bien réussir, comme on dit, s’extirper d’un quotidien frustrant, mais ne le « peuvent » pas : pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le ciel et sa fatalité. Ce postulat en tête, Aline César a imaginé les heures et les jours d’une famille, recomposée, et logée provisoirement chez la première épouse du père. Les parents, sous pression financière, et leurs grands adolescents, hagards par rapport à un avenir précaire ou obnubilés par un examen, s’arrangent de l’étroitesse d’une maison et surtout évoluent dans une ville géante, dévorante. Ville, non matérialisée ici, tout en ruptures, quadrillée de codes et de contraintes sonores, qui se pose judicieusement en métaphore de la vie, corsetée de toutes parts, et du social. Adepte d’un théâtre visuel dont les images cherchent à percuter, la compagnie est dotée de comédiens expressifs au bel abattage, parmi lesquels Catherine Rétoré se distingue par sa grâce et sa vérité. Dans Aide-toi le ciel, plusieurs instants enlevés résonnent de sincérité et analysent avec sensibilité le combat ordinaire, intime ou plus collectif, de ceux à qui rien n’est dû d’emblée. L’Humanité / Aude Brédy / 8 décembre 2009
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1962

L’amour entre la France et l’Algérie En résidence à Pierrefitte depuis 2004, la compagnie de théâtre d’Aline César a pour but de produire des représentations positives des populations d’origine immigrée. Sa dernière création, 1962, évoque cette date où l’Algérie gagne son indépendance suscitant espoir et déception. La première se joue le 26 octobre dans le cadre du Festival Villes des Musiques du Monde. Il y a treize ans, Aline César, française et adoptée, apprend qu’elle a été conçue en Algérie. « Cette révélation fut comme une claque. Au milieu des années 90 la télévision et les journaux déversaient sans arrêt les images de villages ensanglantés par le FIS. Au même moment, on parlait des échaufourrées de Mantes-la-Jolie et des « feux de joie » allumés dans les banlieues. Et je découvrais Omar Khayyâm, Ibn Arabi, Khalil Gibran, et Les Mille et Une Nuits évidemment ». Aline a alors l’idée de se servir du théâtre pour revaloriser et réconcilier. (…) « Pour moi c’est un des seuls textes traitant de cette période qui raconte l’amour entre la France et l’Algérie » souligne le comédien Malik Faraoun.
Echo d’Ile-de-France / Myriam Léon / 25 octobre 2007
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Monsieur chasse !

Un classique revisité avec talent Dans un décor psychédélique, tout d’orange, de monstrueux canapés et de meubles en plastique, un jeune couple bourgeois étrenne les joies et les cocasseries de l’adultère. Mais en musique s’il vous plait ! Entre les déhanchés canailles des yéyés et les langoureuses danses nuptiales parodiant le glamour des années 50, les personnages se cherchent et se séduisent tout en visant la satisfaction de leur narcissisme. Un Feydeau cuisiné à la sauce sixities par Aline César qui garde l’oeil sur la recette d’origine : amants, maîtresses, maris et femmes vont et viennent, se croisent et évitent de justesse la castastrophe d’une confrontation. Les situations rocambolesques s’accumulent, l’amour est un joyeux ratage. Pas de doute, voilà du Feydeau optimisé par une mise en scène bien inspirée ! (...) Bien vue et bien menée, la transposition de la célèbre intrigue au début des années 60 offre un spectacle pétillant où se confondent, dans une joyeuse et harmonieuse cacophonie, l’empressement des personnages de Feyeau à s’initier aux plaisirs extra-conjugaux et cette volonté de liberté confinant à l’égocentrisme, revendiquée par la jeunesse des sixties (...). Léger, drôle, personnalisé par une véritable ambiance musicale et un ancrage significatif dans les années 60, voilà un classique revisité avec talent !
Le Journal du Théâtre / Agnès Jaulin / 24 mai 2005

Un spectacle vraiment « bat » ! Aline César a eu l’heureuse idée de transposer Feydeau au début des annes 1960. Nous sommes séduits et amusés par son choix de mise en scène entre cinéma et comédie musicale. (...) le décor kitsch ultra coloré, les costumes pop et la chorégraphie donnent une allure terrible à la comédie. Drôle et irrésistible, la troupe joue avec feu la folle course à l’adultère. Un spectacle vraiment «bat» ! Le Pariscope / Lise de Rocquigny / 8 juin 2005

Jeune et coloré La jeune troupe d’acteurs et la mise en scène colorée dépoussièrent la pièce. Une réussite. Témoignage chrétien / L.C. / 9 juin 2005

Beaucoup de peps La metteuse en scène a pris le parti de transposer l’action de la pièce au début des années 60 et d’illustrer les situations par des chorégraphies ainsi que de nombreux extraits de musiques de films ou de comédies musicales, ce qui donne un côté parodique franchement drôle et assez inattendu à certaines scènes (...). Le résultat a donc beaucoup de peps, les effets comiques du texte font mouche à tous les coups... Vraiment, j’ai eu l’impression de redécouvrir cette pièce de Feydeau. Cette transposition dans les sixties très colorées fait apparaître de façon évidente le côté atemporel des situations et des personnages. Radio Aligre / «Les Sincères» / Manuel Piola / 6 juin 2005

L’amour vache Très inventive, notamment pendant les changements de décor, sa mise en scène transporte tout ce petit monde jusque dans les années 60. Elle est plutôt vivante, drôle, fine et sensuelle. A Voir à Lire / Georges Ghika / 7 juin 2005

Quand Monsieur chasse, Madame butine ! Au Vingtième Théâtre, Monsieur chasse ! flirte avec la comédie musicale. Une adaptation de la pièce de Georges Feydeau haute en couleurs où le trio du mari, de la femme et de l’amant s’en donne à coeur joie. (...) Le décor « pop », chargé de couleurs vives, crée une atmosphère complètement fantasmagorique. L’ajout des séquences musicales et chorégraphiées, entre comédie musicale et cinéma, apportent une touche sensuelle et permet de donner corps à l’imaginaire sexuel de ce petit monde où chacun se fait son film (...) Le choix d’une mise résolument esthétique et visuelle où tout est ostentatoire permet non seulement d’illustrer cette prédominance de l’ego, mais aussi la part d’illusion et de factice inhérent à la séduction. Par ailleurs, elle confère à cette partie de chasse le caractère épique et décalé qui fait son charme... Marianne.fr / 17 juin 2005
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