Avec ses mots, Aline nous embarque

Aline César joue à domicile. Au Girasole, du théâtre en appartement
Passez la porte, vous êtes chez Aline. Prenez un verre, vous êtes entre amis. L’actrice-autrice accueille dans sa cuisine, dans son salon. Et chaque jour, un nouveau compagnon de création l’accompagne : musicien(ne) ou comédien(ne).
Ce soir-là, nous sommes arrivés en avance chez Aline. A sept minutes à pied du Girasole, nous avons suivi les indications du plan, fourni avec notre ticket. Au 1, rue ***, la porte est déjà entrouverte. Une voix nous invite à monter. A l’étage, c’est le choix du roi : rouge, blanc, rosé ou eau citronnée ? Cinq personnes discutent, verre à pied dans les mains. On passe au salon, tout en douceur. Une douceur que l’on retrouve dans la voix d’Aline, qui nous raconte une histoire. Des mots qu’elle a écrits pour évoquer la ville, la rêverie, l’amour aussi. S’il y a bien une trame narrative, au fil d’un voyage le long d’une corniche, le texte permet de s’échapper. Aline chante aussi. De sa boîte à rythme sortent des sons électroniques. Et de sa voix claire, Aline prend des airs de Serge Gainsbourg ou d’Alex Beaupain, selon votre sensibilité. Ici, on est hors des conventions du Festival. Un temps de répit, de calme. Ici, le prix est libre.
Aline César a déjà monté sept spectacles avec sa compagnie Asphalte. Avec « Dérive », elle compte bien continuer à tourner. Mais loin des salles, toujours en appartement. Créer une autre forme d’intimité, un autre rapport à la scène et au texte. Le but est atteint. « Je dérive, je parcours en rêve les dévers / Je prends à revers les rives et les amers ». Avec ses mots, Aline nous embarque. Et on est consentants.
La Provence / Margaux Wartelle / 24 juillet 2015