résidences
le baron perché – jumelage
ALINE CÉSAR / ROBI / ILHAM ANISS / ELÉONORE DU BOIS
« Je vis dans les arbres, mais ça ne m’empêche pas d’aimer la terre. » Guidées par cet adage du personnage principal du roman d’Italo Calvino, nous avons eu envie d’embarquer deux classes des collèges du Neubourg dans l’univers du Baron perché. Pour adapter à la scène cette œuvre à la croisée des cultures et des mondes, nous avons mobilisé le théâtre, le chant, la danse et l’image dans une approche pluridisciplinaire. En partant des ressources du territoire, nous avons sensibilisé les jeunes au rapport à l’arbre, du jardin domestique aux forêts-mondes qui relient les humains par-delà les frontières dans une Europe rêvée. Pour le tournage d’une vidéo-danse, nous avons mis les élèves en situation dans le massif forestier du Neubourg, intégrant la notion de fabrique du paysage à notre démarche artistique. Par de multiples aspects, cette résidence a mis en jeu nos héritages pour penser des futurs désirables. De novembre 2025 à avril 2026, les ateliers ont été menés avec une cinquantaine d’élèves de 6ème et de 4ème venus du Neubourg et des communes alentours pendant 120 heures. Autour d’elle, l’autrice et metteuse en scène Aline César a réuni les artistes Ilham Aniss à la danse, Eléonore Du Bois au chant et Robi à l’image.
Crédit photo : Robi
anatomie d’une écorce
JOHNNY LEBIGOT / ALINE CESAR / ROBI ET JONAS COUTANCIER
« Anatomie d’une écorce » est une exploration à la fois concrète et poétique du rapport au vivant. Qu’est-ce qui se cache sous l’écorce des êtres et des choses ? Comment appréhender ce qui sommeille sous la surface du monde visible ? Comment disséquer sans dénaturer, analyser sans atomiser, dévoiler sans préempter ? Comment réinventer un rapport non prédateur à la nature ?
La résidence de création de l’artiste plasticien Johnny Lebigot a mis en résonnance son travail singulier sur la rencontre des trois règnes, végétal, minéral et animal, avec le patrimoine rural, l’environnement agricole et le Musée de l’écorché d’anatomie du Neubourg. Avec Johnny Lebigot, les artistes Aline César, Jonas Coutancier et Robi ont donné vie aux œuvres plastiques, en mobilisant l’écriture poétique, la marionnette, la chanson et l’image au cours d’une résidence qui a réuni de janvier à avril 2025 pas moins de 300 élèves et habitants de 3 à 90 ans pendant 300 heures.
Parallèlement à ce volet artistique, nous avons mis en place un projet culturel de territoire de sensibilisation aux enjeux environnementaux et à la biodiversité et de transmission des gestes de la transition écologique, en nous appuyant sur des partenaires et des ressources du territoire avec le soutien de l’Union Européenne – Fonds Leader. Les ateliers de sensibilisation et le parcours spectateurs ont réuni 1100 personnes pour près de 100 heures.
Crédit photo : Françoise Martyanoff
billie the queen - médiation
ALINE CÉSAR / CAPITAL FILLES
En nous inspirant de la figure emblématique de Billie Jean King, championne de tennis et de l’égalité, nous avons déployé autour de création et de la diffusion du spectacle Billie the Queen un programme innovant de rencontres avec la jeunesse les habitants et les associations/entreprises au travers d’ateliers de sensibilisation à l’égalité professionnelle femmes-hommes, la déconstruction des stéréotypes sexistes, mais aussi les violences sexistes et sexuelles dans le monde sportif ou du travail. Notre approche a privilégié deux axes : l’égalité femmes-hommes dans le monde du travail : égalité des carrières professionnelles, égalité salariale, sous-représentation des femmes dans certaines filières : monde agricole, tech… et l’inclusion dans le monde sportif et professionnel : lutte contre les stéréotypes sexistes et plus largement contre les préjugés racistes, classistes et LGBT-phobes.
Nous avons collaboré à cette occasion avec le Tournoi International de Tennis Féminin du Neubourg et avec des expertes de l’égalité comme Capital Filles et sa directrice générale Laurence Beldowski. L’aide de l’Union Européenne – Fonds Leader a permis d’accompagner cette action originale à l’échelle des communautés de communes du Pays du Neubourg, de Bernay et de Conches pour 300 personnes sur plus de 60 heures.
Crédit photo : Julien Sarazin
dictaphone
ALINE CÉSAR / MATTHIAS CLAEYS / GREGOR DARONIAN / VIRGINIE SEBEOUN / CHLOE VIVARÈS
« Dictaphone » est un projet de transmission et de prévention imaginé par la Compagnie Asphalte pour parler avec les adolescent·es de coming out et de LGBT-phobie. Le concept du « dictaphone » est issu du spectacle S’enfouir – pop-fiction d’Aline César dans lequel un personnage de femme enregistre au fil du voyage des moments clés de son récit dans son dictaphone. Nous nous sommes inspiré·es de ce principe pour faire écrire puis enregistrer aux jeunes des messages sur le modèle de la lettre, écrits à la deuxième personne, adressés soit à leur moi futur, soit à leur meilleur·e ami·e, sur la question de l’amour, du genre, du coming out, de la tolérance ou du rejet.
Accompagnés par une équipe d’auteur·ices composée d’Aline César, Matthias Claeys, Virginie Sebeoun, Gregor Daronian et Chloé Vivarès, les élèves ont donc composé, en écriture tantôt collective tantôt individuelle, des lettres adressées à des personnages LGBTQ, des textes poétiques, des interviews de personnages fictifs. Pour se décoller du réel et du présent immédiat, l’imagination a été notre outil : nous avons proposé aux jeunes d’imaginer un monde utopique, futuriste, rétro-futuriste, inspiré de la SF ou de l’heroic fantasy, ou encore un monde parallèle ou extra-terrestre, dans lequel ils envoient leur message, comme une bouteille à la mer. Nous avons ensuite enregistré des podcasts avec un habillage sonore et musical ciselé par le sound-desginer Guillaume Callier. Ces podcasts sont aussi pensés comme support de médiation de pair à pair, pour déconstruire les préjugés LGBT-phobes, mais aussi produire des récits positifs. Nous espérons donc que ces podcasts voyageront, et relieront les jeunes comme un fil tendu entre des archipels isolés, permettant pour des adolescent·es ou des jeunes adultes une sortie des solitudes.
Centré sur les collèges d’Argenteuil, le projet s’est élargi à d’autres établissements scolaires sur plus de 200 heures avec une centaine de jeunes.
la toison d’or x toisé-tissé
LAURENT CHARPENTIER / NAÏSSAM JALAL / ALINE CÉSAR / JOHNNY LEBIGOT
A l’occasion de la seconde édition du festival et pop! au château, nous avons proposé une re-création de La Toison d’or de Corneille, opéra à machines créé au Vieux-Château du Neubourg en 1660. Notre version va de l’histoire de la création de l’opéra-féérie jusqu’au cœur de la langue de Corneille. Laurent Charpentier y évoque tour à tour la figure fantasque du Marquis de Sourdéac, le commanditaire, ses relations ombrageuses avec Corneille, le dramaturge, et les négociations avec les comédiens du Marais. Puis il nous donne à imaginer les fameuses machines installées dans la charpente du Vieux-Château. Pour finir c’est la « machine du vers » qui triomphe lorsque Laurent Charpentier rejoue à lui seul Jason, Médée, et tous les personnages qu’on imagine s’envoler au milieu des dragons et des sirènes. A ses côtés, Naïssam Jalal, flûtiste vertigineuse et compositrice prolifique, nous transporte de l’autre côté du Détroit du Bosphore, jusqu’à la mythique Colchide de Médée. Avec sa voix et sa flûte traversière, elle donne corps aux aventures des Argonautes, évoquant l’Orient, le voyage, et le merveilleux toujours prêt à surgir.
Les deux interprètes prennent place dans un dispositif scénographique conçu par le plasticien Johnny Lebigot, à partir du lin du plateau du Neubourg, dans le cadre d’une résidence au lycée agricole Gilbert Martin, en partenariat avec la linière du Ressault et la Coopérative de teillage du Neubourg.
Avec cette installation nommée « Toisé-Tissé », nous avons voulu relier patrimoine culturel et patrimoine agricole, en intégrant le savoir-faire local à la démarche de création artistique au cœur de cette seconde édition du festival. Le lin a été ici notre lien, notre fil d’Ariane, des champs au plateau.
Crédit photo : Ingrid Delaleau
pop-fictions
ALINE CÉSAR / DAVID COULON / ÉLÉONORE DU BOIS / ROBI / CLÉA VINCENT / KIM GIANI / MYRIAM LOUCIF / ADÈLE BAUCHER …
Les « pop-fictions » sont des formes courtes pour la scène, à la fois musicales et narratives, inspirées de l’univers de la chanson pop, selon le concept imaginé par Aline César.
A la fois personnelle, en prise directe avec l’intime, et collective, immergée dans une culture commune, la chanson pop est pour nous un moteur d’écriture et d’invention pour fabriquer des formes narratives originales.La résidence se construit autour de trois moments : l’atelier d’écriture d’abord, à partir d’improvisations et de recherches, un workshop de création musicale ensuite, qui permet aux élèves d’écrire, de mettre en musique et d’interpréter des chansons originales. Une mise en ondes et en images enfin, avec l’enregistrement des chansons et le tournage de clips.
Nous avons mené ces résidences « Pop-fictions » pendant trois années en collège et lycée professionnel à Argenteuil et pendant deux ans dans les écoles et collèges du Neubourg et du Pays du Neubourg, chaque projet comprenant en moyenne 120 heures. A Argenteuil, nous avons exploré les thématiques de la ville comme terre de rencontres et d’exils, l’amour et l’amitié, les mémoires culturelles. En Normandie, nous avons proposé une nouvelle lecture du mythe des Argonautes et de la Toison d’or, et l’année des Jeux Olympiques nous avons travaillé sur les figures sportives féminines en imaginant une « Ecole des Vikings ».
Pour créer ces pop-fictions, chaque résidence s’appuie sur des collaborations inédites d’artistes : Aline César et David Coulon à l’écriture et la mise en voix, Eléonore Du Bois, Robi, Cléa Vincent et Kim Giani à la création de chansons, Robi à la caméra pour le tournage des clips.
Crédit photo : Robi
aphra behn & sisters
ALINE CÉSAR / MYLÈNE BONNET / INÈS COVILLE/ LAORA CLIMENT / MIRABELLE WASSEF / INGRID HORVATH
« Aphra Behn & Sisters » propose un parcours pluridisciplinaire sur les figures féminines émancipées en milieu scolaire à Argenteuil. Nous avons exploré des figures féminines non conformistes, des modèles d’émancipation, de liberté, des héroïnes, des aventurières, des chercheuses, des guerrières, des rockeuses, des apaches, des punkettes… Nous avons mis en résonnance des répertoires méconnus produits par des artistes femmes du XVIIème siècle au XX ème siècle : Aphra Behn, Anne-Marie du Boccage et les poétesses et musiciennes contemporaines, de la Beat Generation aux Riot Girls et jusqu’aux afro-féministes Audrey Lorde et Maya Angelou. Nous avons créé un dialogue inédit, fécond, ludique et vivifiant entre ces corpus appartenant à des époques et des champs culturels apparemment opposés, entre des artistes qui par-delà leurs différences auraient pu se reconnaître comme « Sisters ».
Ces textes du « matrimoine » se font écho, ils mettent en scène des prises de parole de liberté et d’affirmation de soi, des tentatives d’imaginer d’autres rapports entre les sexes et les préoccupations d’artistes femmes. Lutter contre l’empêchement et l’auto-censure, prendre la parole dans l’espace public, sortir de l’ombre des compagnons artistes masculins et exister comme autrice à part entière, résister à l’oubli et l’effacement.
Les élèves se sont appropriés ces textes d’autrices, mais elles et ils ont aussi écrit, accompagnés par Mylène Bonnet, Inès Coville, Mirabelle Wassef, Laora Climent et la complicité de notre professeure stagiaire Ingrid Horvath sous la direction artistique d’Aline César. Au cours de ces deux années de résidence à Argenteuil, notre workshop s’est décliné en performance scénique, podcast et fanzine, centrée la première année sur l’intime et la sphère privée (« Rebel Girls »), et la deuxième année sur la dimension publique et sociétale (« Bad Sisters »). La résidence a touché 7 classes de lycée professionnel et de collèges d’Argenteuil, soit 167 élèves sur 500 heures.