Comme un road-movie

A l’image du bon vin qu’on nous propose en arrivant dans ce petit salon du *** place des Carmes, la poésie d’Aline César nous enivre.
Elle a en elle le don de l’accueil, le savoir-faire de l’intimité. Dérive, joute poétique en appartement, vient nous bercer. C’est comme prendre le temps d’une pause, où les minutes sont en suspens, lors d’une journée chargée au sein des remparts. Son écriture fonctionne comme un road-movie, faisant traverser à celui qui tend l’oreille de bien beaux paysages aux couleurs chatoyantes.
Il s’agit aussi de musique, de chant qu’elle vient interpréter, mais aussi d’une série de guest, que la poétesse invite au cours de sa représentation à venir exprimer leurs divers talents. On sent chez elle le plaisir des mots et de la langue qu’elle vient tordre pour donner un sens nouveau, cette brèche délicate où la métaphore sublime le réel. C’est aussi une passion de conteuse, une générosité à nous réunir pour raconter un récit.
Dérive est un temps à attraper au vol, une expérience universelle à apprécier et à partager tout au long du festival.
Un fauteuil pour l’orchestre 
/ 14 juillet 2016