La beauté symphonique d’une artiste envoûtante
Une expérience intime et privilégiée : la poésie d’Aline César chantée et chuchotée dans un appartement.
On vient réserver sa place au théâtre du Girasole, et c’est ainsi que la « dérive » commence. On s’y rend, non loin mais hors du théâtre dans un bel appartement, pour assister à la performance d’Aline César, qui nous accueille chaleureusement avec de délicieux vins régionaux. Quand tout le monde est arrivé, on passe dans la pièce à côté pour cette fois-ci vivre la « dérive », c’est-à-dire écouter une joute poétique qui décroche au temps un morceau d’éternité.
Se rendre à la « dérive » est une expérience unique de par la proximité que le spectateur entretient avec l’interprète tout au long de sa représentation. On lui propose de rentrer doublement dans son intimité, non seulement car il est invité dans son espace de vie (c’est-à-dire son appartement), mais également car il se voit plonger dans son écriture poétique qui lui est très personnelle et singulière. Comme les plus beaux poèmes de la littérature, le sens nous échappe par moment, on le perçoit par bribes, mais la beauté nous transporte toujours, et la musicalité ne quitte pas une seconde les lèvres de l’artiste qui a le plaisir de goûter ses mots. Certains poèmes sont parlés, d’autre brillamment chantés, mais toujours vécus avec émotion. Se rendre à la « dérive » c’est aussi se laisser surprendre par l’émergence de « guests », soigneusement invités par l’interprète pour venir colorer son style d’une autre rencontre artistique. La liste de ces invités est longue, et changeante tout au long du festival. Se rendre à la dérive est en somme prendre le temps de côtoyer la poésie, d’écouter le bruit du monde, la beauté symphonique d’une artiste envoûtante.
AVI Local City News / Jean Hostache / 14 juillet 2015.